Ne pas laisser dire (3)

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30 janvier 2013 par wirriyamu2011

Nous avions promis ici et ailleurs de ne plus laisser dire certaines choses. De nous y opposer en y apportant des réponses.

Je voudrais m’autoriser à apporter une réponse à un article de jeune Afrique (version papier de cette semaine) qui s’intitule : « Mali : l’Afrique sous le choc ». Tout d’abord, je ne sais pas de quel choc parle ce journaliste. Peut être le choc de l’unanimité du soutien à l’intervention française qui n’a cessé de se confirmer depuis.

Cet article poursuit par des formules étranges du type, « cette guerre ne sera ni fraiche ni joyeuse ». Qu’est ce qu’une guerre fraiche? Une guerre qu’on mène calmement sans transpirer? Pour ce qui est d’une guerre joyeuse, je préfère ne même pas poser la question.

On apprend ensuite qu’en France, l’opinion s’interroge sur les périmètres de cette guerre dite « sans frontières ». En quoi une guerre menée au Mali, dans les limites connues et jusqu’ici totalement maîtrisées,  est elle une guerre sans frontières ? De notre point de vue, il est très clair que cette opération s’inscrit au sein des frontières du Mali mais avec la mauvaise foi, on peut l’étendre jusqu’à la planète mars. L’argument massue pour démontrer cette fronde de l’opinion est celui selon lequel cette guerre occupait deux fois moins de temps sur les écrans télévisuels à la fin de la deuxième semaine qu’au début de la première semaine. Ceci est un vrai signal pour quelqu’un qui scrute l’opinion à travers les journaux télévisés. A ce rythme, on vient effectivement à considérer que la neige ou la météo sont de sujets stratégiques pour la survie du pays. Il est facile d’oublier de dire que la surprise de l’entrée en guerre a causé une dramaturgie très profitable d’un point de vue médiatique et qu’ensuite, cet effet étant passé et l’actualité ayant repris ses droits, cette guerre s’est naturellement « normalisée » en termes d’évènement médiatique. Par ailleurs, Il aurait été utile/juste de comptabiliser les magazines consacrés à cette guerre, parce qu’il y en a eu un certain nombre. Mais accrochons nous parce que l’article n’est pas fini.

Qui combattons nous ? Qui la France combat ? Des terroristes en guenilles ? Non conformément à la fable, Aqmi est décrit comme « un adversaire dont, le noyau dur, est extrêmement aguerri » (Assez drôle de lire cela maintenant), et de nous dire pourquoi, « les chefs auraient combattus sur des terrains chauds: Afghanistan, Irak, Syrie (ah bon?), Libye. Perso j’aurai rajouté guerre du Vietnam et deuxième guerre mondiale. Ce qu’on ne comprend pas, c’est à quel moment ce noyau dur constitué de chef se transforme en armée pouvant causer de graves désagréments à l’armée française ? Je ne sous estime pas la capacité d’Aqmi ni du Mujao à combattre mais dans cette région, combattre est facile sauf qu’il te faut absolument certaines choses qu’on peut résumer par le mot logistique. Parce que souvent tu as besoin de voitures, de téléphones satellitaires, d’essence, d’argent. Si une de ces choses venait à manquer, oui tu peux résister mais tu n’iras pas bien loin. Tôt ou tard, tu tomberas.

La démonstration qui nous prend toujours pour des demeurés arrive sur un sujet qui est totalement contredit par ce qu’on constate : les djihadistes auraient un dédain pour leur vie. Ce qui est sûr à ce stade ce serait plutôt l’inverse. Ils font même tout pour sauver leur vie. Et ce qu’on voit sur le terrain, conduit plutôt à penser l’inverse.

Tout ce ramassis d’affirmations fausses et détournées est abondamment agrémenté par d’éléments inutiles comme : le fait de dire qu’un missile coute 250000 euro pièces ou que la France a refuse quelques jours plus tôt d’appuyer Bozize. Ce dernier exemple pour dire qu’il y a une contradiction dans la ligne politique de la France en Afrique. Jeune Afrique dit qu’en effet la très grande majorité des combattants au mali sont des maliens (et sous entends qu’il s’agit d’une affaire interne comme en Centrafrique). J’avoue que je suis abasourdi quand pendant des semaines ce même journal nous a alertés sur des recrues et autres combattants venus de partout sauf du mali. Par la même occasion, et suis je suis cohérent, je comprends aussi que les maliens ont été nombreux à combattre en Afghanistan, en Irak etc. conformément à la démonstration présentée plus haut. On est couvert pour l’hiver.
Dans tout ceci, où est l’opinion malienne? Jeune Afrique pense qu’actuellement le nationalisme est dopé par l’intervention française. Ah bon? Je n’aurai pas dit cela.  Un raccourci intellectuel de plus qui se conclut par ces formules étranges qui seraient bien placées sur un plateau d’al jazzera: « de l’expédition salvatrice à la croisade, le chemin est court ». Comment peut-on considérer que ce chemin est court? Une mauvaise appréciation des distances sans doute en donnant l’exemple de Bagdad et de Kaboul. Bien sûr en oubliant que dans ces deux pays aucune autorité n’a demande d’intervention, et que les populations n’ont jamais été favorables aux troupes occidentales.

L’article se conclut par la fameuse nécessite de repenser un Mali, de le reconstruire politiquement et institutionnellement. Toute chose avec laquelle on ne peut qu’être d’accord. Le journaliste de dire qu’il serait vain d’imaginer que ce but sera atteint par les « seules bottes salvatrices des soldats de l’ex puissance colonisatrice ». je n’ai personnellement jamais rencontré la moindre personne qui a osé dire que parce que l’armée française allait libérer les villes du nord, la situation au Mali allait s’améliorer politiquement et institutionnellement. Je dis bien jamais mais je ne fréquente pas les mêmes ténors que Jeune Afrique.

Je suis convaincu désormais que certains trouvent totalement anormal le soutien de l’opinion malienne, et au-delà africaine, à cette intervention. Ils mettent cette adhésion le plus souvent sur le dos de la naïveté ou de l’ignorance, c’est selon. Ce qui montre que beaucoup, trop nombreux à mon goût, pensent encore que les africains n’ont pas leur place sur le chemin de l’histoire qui se fait sans eux, hors d’eux. Bref, ils subissent tout.

 

Le fond du sujet reste le même. Parfois, s’agissant de l’Afrique noire, les risques sont plus pointés que les bénéfices. Quand il s’est agit des « révolutions » au Maghreb, il fallait n’y voir qu’un bénéfice pour les peuples et leurs soutiens. Aucun risque n’était encouru et encore aujourd’hui beaucoup refusent de voir. Je pense qu’il y a un écart entre la soit disant lucidité d’analyse et des raccourcis qui polluent l’opinion. Jai acquis la conviction que dans cette guerre, certains attendent la bavure, l’acte qui nous fera basculer dans une situation intenable qui prouverait qu’il ne fallait pas aller combattre au mali.

Nous sommes prêts à assumer ces conséquences aussi parce qu’en tant qu’hommes, en tant que peuple nous n’arrivions pas a assumer de voir des terroriste martyriser le peuple. Notre faiblesse est là, nous préférons tout à cette occupation de terroristes. Oui ce sera dur, oui ce sera honteux parfois mais c’est ce sera mieux que cette vie sous ces gens. C’est ce qui distingue des gens de Jeune Afrique et nous : le point de non retour.

 

Le notre est dépassé depuis longtemps. Trop longtemps. Celui qui ne le comprends pas nous trouvera sur son chemin. 

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Une réflexion sur “Ne pas laisser dire (3)

  1. […] lo que Wirriyamu responde en su artículo Ne pas laisser dire (3) (No dejen […]

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