Le sentier de la guerre est encore loin

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27 septembre 2012 par wirriyamu2011

Nous voilà désormais, à en croire certains analystes simplificateurs, engagés dans le sentier de la guerre avec  les occupants du nord du mali. J’ai envie de leur dire que le sentier de la guerre ne commence pas dans des bureaux ou sur des papiers fussent-ils à en tête de la cedeao ou de l’ONU qui du reste ne s’est pas encore véritablement prononcé en tant qu’institution.  Techniquement, opérationnellement, nous en sommes loin encore. Il faut savoir raison garder et ne pas passer d’un pessimisme raisonnable à un optimisme euphorique.

 

Il est assez troublant de voir que certains dans leurs analyses ne relient pas les évènements  entre eux. Ne voient pas que nous sommes en fait au terme d’une séquence orchestrée pour faire monter la pression. L’objectif de cette séquence qui a commencé avec l’interview du président Blaise Compaoré sur France 24 était d’arriver à l’Onu avec un dossier Mali porté à une maturité jamais atteinte avant. L’agenda était déterminant. C’est en ce sens que l’accord obtenu par le président ivoirien était un accord in extrémis. In extremis pas par rapport à un délai mais par rapport à la réunion onusienne.

 

La réussite de cette séquence était de montrer l’urgence de la situation et surtout de rendre possible pour l’avenir une éventuelle intervention. Voter une résolution autorisant cela ne signifie pas déclencher une opération. Parce que la clarté doit être faite sur ce point également : si on a beaucoup parlé de faire la guerre, personne n’a ouvertement renoncé à privilégier le dialogue. Ni la Cedeao, ni le Mali. Mais le fait de rendre possible une intervention, de mobilier les moyens militaires maliens va, on l’espère, permettre de mettre une pression efficace sur les djihadistes non pas pour les faire désarmer mais pour les amener à envisager d’autres options que celle d’occuper cette partie du Mali en tout cas les grandes villes. Cette option du dialogue est sérieuse mais est préalable à la guerre qui à mon avis est inévitable au moins avec une partie des occupants.

 

Certains  les pays concernés s’expriment et disent pour certains le fait qu’il faut privilégier le dialogue mais restent plutôt ouverts à une coordination en cas d’intervention. Il est donc temps que la Cedeao élargisse le tour de table. Certains pays comme la Libye n’ont pu s’exprimer ouvertement sur le dossier malien qu’à la réunion de l’Onu. Ce n’est pas constructif. D’autres comme la Mauritanie et l’Algérie après avoir été étroitement associés aux premières réunions de la cedeao ont fini par en être éloignés. En ce sens la désignation prochaine d’un représentant de l’Onu pour la région devrait faciliter les choses. Mais également, l’Union africaine qui est clairement en bonne posture doit s’impliquer d’avantage. Il faut se rendre compte que le tête à tête Mali/Cedeao a été très usant pour tous. Certaines tensions seront difficiles à combler, notamment envers certains pays de la Cedeao (suivez mon regard).

 

Il reste beaucoup à faire avant de libérer le nord du mali par le dialogue ou par la guerre mais nous pensons que le sujet a changé de niveau d’urgence et cela, en soi, est une chose qui nous réjouit.

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