L’heure du choix

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20 septembre 2012 par wirriyamu2011

Puisqu’il faut choisir nous choisissons tout de suite le camp de la cedeao dans cette affaire malienne. La Cedeao, à travers le président Blaise Compaoré l’a dit clairement. Il est essentiel pour intervenir de manière efficace d’être au nord du mali mais aussi d’être à Bamako pour profiter des commodités et des aspects techniques « Je pense que, pour l’instant, le problème est à Bamako, parce que Bamako voudrait avoir les troupes de la CEDEAO, mais il ne souhaite pas les avoir dans le Sud du pays. Ce qui est impossible pour la CEDEAO d’être efficace si elle n’a pas d’aéroport, d’antenne médicale et de transmission dans cette région ». Cette option est inenvisageable pour l’armée malienne qui confond installer une base à Bamako et sécuriser les institutions à Bamako. Qu’est ce qui est si tabou à Bamako qui nécessite qu’un blocage aussi fort soit effectué pour empêcher que des troupes arrivent pour aider à réunifier le Mali.  L’armée malienne est-elle à ce point incapable de s’afficher dans sa plénitude devant les autres? On se le demande. Dans la situation actuelle, vue les circonstances je ne pense pas qu’il est de bon aloi de s’enfermer dans des postures de souveraineté, d’autant qu’elle porte sur un bout du pays.

La propagande quant a elle est en route totalement délurée et chaque jour un peu plus abjecte. Le matin on accuse la cedeao de vouloir faire capoter une intervention pour protéger les otages français et le soir on accuse la cedeao de vouloir amener ses mercenaires à Bamako. Est-il besoin de tant d’outrance? Si les maliens, certains maliens, préfèrent se cacher derrière des principes dont ils n’ont pas les moyens, une fierté non productive, alors ils sont libre de le faire mais qu’ils arrêtent de plonger la population dans des mensonges et autres insultes. Qu’ils prennent du recul deux secondes sur la situation et qu’ils s’interrogent sur l’objectif réel d’une intervention de la Cedeao quel que soit l’endroit où elle soit sur le territoire : l’objectif réel est de recouvrer l’intégrité territoriale du mali et de mettre fin à la souffrance des populations. Si cet objectif est partagé, alors aucun sacrifice, y compris celui de voir la Cedeao à Bamako, n’est trop grand !

 

A un moment donné, il sera nécessaire aux propagandistes de se dire la vérité ou à défaut de l’entendre : l’armée malienne est la principale responsable de la situation de non confiance actuelle entre elle et la cedeao. Et le président Compaoré l’a redit : la cedeao craint clairement que si elle ne maîtrise pas Bamako, l’armée une fois attaquée finisse par laisser également cette région tomber aux mains des assaillants permettant ainsi que les forces combattantes soient prises à revers « Si elle n’a pas aussi un dispositif qui permet d’éviter que les mouvements armés, par des infiltrations, puissent déstabiliser Bamako, où il y a des ambassades des pays qui vont s’engager et aussi la représentation de la CEDEAO. Tout cela fait que la CEDEAO veut intervenir, mais en tant que partie malienne »
On peut pousser des cris mais il s’agit d’une crainte légitime quand on apprécie le degré de désunion et d’impréparation de cette armée. Cette armée qui pendant longtemps s’est selon ses propre dire regarder mourir tranquillement sans rien faire. Cette armée qui pendant que son territoire était occupé a donné le spectacle affligeant de maliens tuant d’autres maliens. Cette armée qui a infligé les pires tortures à ses propres membres sous des prétextes de lutte entre des bandes de peureux qui cherchent à se positionner sous le soleil radieux de Bamako. De mémoire d’homme, une situation aussi honteuse n’a jamais été vue ! Aujourd’hui, on peut se gargariser, faire les fiers mais la réalité est qu’i n’y a pas de chaine de commandement opérationnelle. Personne n’a rien préparé en profondeur : on va prendre nos armes et on va y aller voilà la stratégie.

Et ses armes sont où ? Eh bien elles sont sous embargo dans les ports de la Cedeao qui estime que les autorités maliennes ne présentent pas suffisamment de garanties en matières de stabilité pour leur donner ses armes. Nous n’allons pas redévelopper cet aspect des choses car la question de la confiance est la question centrale et tant qu’elle ne serait pas résolue, rien ne sera possible. A l’armée malienne qui se laisse humilier par un capitaine d’opérette depuis le 22 mars de prendre vraiment ses responsabilités pour enfin rendre sa place à ceux qui ont fait l’histoire de ce pays.

 

Il est impossible de croire que tout s’est effondré sous les avancées et la mentalité douteuse de Sanogo et sa bande. Car cette armée est bien celle qui a résisté de façon héroique au siège effroyable imposé par les islamistes à Tessalit. Cette résistance à nul autre égard a été mémorable tant et si bien qu’il était quasiment inenvisageable qu’elle ouvre la voie à une débandade de cette ampleur. Gloire à ces hommes qui se sont montré dignes de ce qu’ils sont : des soldats du Mali.

Maintenant si ma position sur la cedeao à Bamako pose problème aux uns et aux autres eh bien, je leur dit que je veux bien qu’ils aillent expliquer aux populations du nord que ne voulant pas d’une base à Bamako, leur propre armée préfère les laisser à leur sort. Après tout, chacun ses problèmes dans ce pays !

 

Naturellement, il est impossible de passer à côté des autres propos graves que contiennent l’interview du président Compaoré et notamment ceux sur le fait que Ansardine est plus structuré et plus fiable que les autorités maliennes. Le propos est brutal, toutefois n’est-ce pas la réalité ? Qui est le Monsieur dialogue au Mali ? Qui est en charge de conduire des échanges avec le médiateur et/ou les terroristes ? Personne ou alors il est bien caché. En revanche, des initiatives désordonnées et folkloriques sont menées tous les jours en direction des groupes terroristes. Comment qualifier cela si ce n’est de situation non fiable ? Il faut être juste et reconnaître ses faiblesses. En revanche, quand le président Blaise cite l’exemple des Corses et des Quebecois en disant qu’on ne les a pas attaqués, là il se trompe car les gens de l’Azawad ont été les premiers à attaquer le Mali. Ce genre d’analyse hasardeuse n’est pas bénéfique à son travail de médiateur. Mais à ce stade, son travail de médiateur est déjà extrêmement dé-crédibilisé.

Aucune avancée ne sera possible sans qu’une alliance stratégique soit construite entre l’armée malienne et la Cedeao. une alliance qui repose sur la confiance mutuelle et qui nécessite qu’on se mette à nu. Au fond, et c’est la seule réalité qui doit compter, le choix n’est pas si varié que cela pour les maliens!

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