Le Mali à un nouveau tournant

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13 août 2012 par wirriyamu2011

Hier au journal de 20h (repoussé à 20h45 pour cause de Ramadan) le Mali a connu l’épilogue d’une semaine de folie comme il sait nous en procurer depuis le début de cette crise. Le président de la République faisait annoncer à la qu’il reconduisait sont premier ministre Cheick Modibo Diarra et qu’il lui demandait de lui proposer un nouveau gouvernement. Pour rajouter au caractère folklorique des choses, le président demandait à chaque regroupement rencontré lors des consultations d’adresser 8 CV au PM (pourquoi ce chiffre ? on ne sait pas) leur recommandant d’inclure dans cette liste des jeunes et des femmes. Nous voici en route pour un gouvernement d’Union nationale d’ici mardi si tout va bien.

Après le discours de Dioncounta, nous avions considéré que C.M. Diarra était particulièrement affaiblit quel que soit l’issue de cette affaire. Notre espoir était qu’il puisse s’apercevoir de cela et que ce faisant il propose sa démission. Le sens de cet espoir reposait sur la nécessité de ne pas se sentir prisonnier d’un homme quel que soit ses capacités et ses compétences. Imaginer une seule seconde qu’un responsable politique de ce niveau dise « je ne peux démissionner » nous conduisait tout droit dans une dictature où le maintien d’un homme dépendait de sa seule volonté. En fait selon ses partisans, CM Diarra peut démissionner mais uniquement si la CEDEAO et les militaires le lui demandaient. Il est assez incroyable le matin de parler de souveraineté et le soir de dire qu’on démissionnera si la CEDEAO en fait la demande en tout cas c’est ce que déclare son directeur de cabinet dans une interview surréaliste dont ils ont le secret : http://www.malijet.com/la_societe_malienne_aujourdhui/interview_mali/48989-entretien-exclusif-avec-le-directeur-de-cabinet-du-premier-minis.html  « Il ne démissionnera pas parce qu’il y a un regroupement qui le lui demande. Mais, concernant ceux qui l’ont mis en place, c’est-à-dire les militaires et la CEDEAO, s’ils décident de le démettre, il ne voit pas pourquoi il s’accrocherait »

 

Désormais il est nécessaire de se débarrasser, tous bords confondus, de ces méthodes d’un autre temps qui conduisent à organiser des magouilles politiques extrêmement dangereuses pour le pays. Le camp du FDR, qui n’est pas le camp de Dioncounta, doit arrêter de stigmatiser le premier ministre et de temps en temps faire profil bas dans cette période d’accalmie politique et d’union. Nous comprenons l’agacement face au harcèlement et aux insultes des autres regroupements politiques mais il leur revient de s’élever pour, comme ils le réclament, défendre la république.

 

Nous espérons également que CM Diarra et ses nombreux partisans cachés sous divers regroupement cesseront eux aussi de mettre à mal les actions qui visent à garantir une union nationale. Ainsi nous avons été particulièrement choqués de voir le mélange des genres hier au stade Modibo Keita où les religieux, qui sur le fond pensent la même chose de la charia que le mujao, se sont transformés en mouvement de promotion et de soutien à CM Diarra. Ils ont réussi sous un prétexte de réunion des gens pour la paix, pour l’islam à rassembler des personnes autour du premier ministre alors que ce n’est pas cela leur rôle. Cet évènement majeur est la consécration d’une montée en puissance constante d’un islam politique qui occupe désormais, à la faveur de la crise, toute sa place sur la scène politique. Cette émotion, nous l’avons exprimé largement et espérons vraiment nous tromper sur l’es intentions de certains de transformer le Mali en califat islamique où le HCI serait le gouvernement et ferait la loi. Nous l’espérons de tout cœur. Mais le chemin pris, ne nous encourage pas dans ce sens.

 

De son côté, la communauté internationale doit peut être commencer à cesser de tergiverser face à la gravité de la situation. Il est difficile de dire que le gouvernement est sous l’influence des militaires, donc de ne pas être libre, tout en lui demandant de se débarrasser de ces militaires, ou de proposer une requête claire qui irait à l’encontre des intérêts de ces militaires. Ces demandes sont légitimes, nous le pensons et sont mêmes salutaires, toutefois, nous savons qu’elles ne seront pas satisfaites à court terme. Il faut donc agir peut être différemment, j’allais dire agir vraiment plutôt que de faire des déclarations. Une information intéressante toutefois dans la déclaration du président du conseil de sécurité de l’ONU (http://guineeinformation.fr/index.php/afriquemonde/111-homes-gardens204647631/2824-declaration-a-la-presse-du-conseil-de-securite-sur-le-mali-les-membres-du-conseil-de-securite-ont-appele-les-autorites-de-transition-du-mali-a-assurer-le-retablissement-integral-et-la-preservation-de-lordre-constitutionnel) : le fait que le représentant permanent du Mali ait été entendu. C’est un signe que le Mali n’est pas exclu des décisions ni des discussions et cela nous considérons que c’est un signal positif vers une normalisation de la considération que les institutions internationales ont pour le gouvernement du mali. Rien ne pourra se décider sans le mali, rien ne se fera sans l’armée du Mali.

Nous voici, à nouveaux à un tournant, espérons qu’il nous mène vers une action résolue, claire et surtout qui reçoive la bénédiction de tous.

Ah j’oubliais, CM Diarra qui a demandé à la Cour constitutionnelle Malienne de statuer sur la prorogation du mandat du président Dioncounta (espérant certainement une réponse qui mettrait Dioncounta KO) a reçu une réponse de cette juridiction : En substance, la cour dit que Dioncounta doit rester président jusqu’à l’élection d’un nouveau président de la république : http://www.maliweb.net/news/politique/2012/08/13/article,85431.html : «L’avis N°2012-003/CCM du 31  Mai 2012, rendu par la Cour constitutionnelle, le 31 mai 2012, était resté confidentiel pour des raisons inavouées. La réalité est qu’au lieu de deux semaines demandées par le Premier ministre, la Cour constitutionnelle a estimé que le Président par intérim doit assurer ses fonctions jusqu’à l’élection du nouveau Président de la République ». Si j’étais trivial, je dirai « pan dans ta face ! ». Plus sérieusement, disons que la constitution malienne n’est pas suspendue par l’accord cadre, elle n’est pas remplacée par ce dernier et continue à s’appliquer, donc à bon entendeur…

Cette décision qui permet d’apporter une réponse à ceux qui se posent des questions sur la valeur du mandat de Dioncounta, notamment vis-à-vis de l’accord cadre, est restée cachée à la population. C.M. Diarra l’a soigneusement dissimulée…en voilà des méthodes qui révèlent à souhait qui nous avons en face de nous. Donc soyons vigilants et restons mobilisés

 

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