Ne pas laisser dire

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21 juin 2012 par wirriyamu2011

Nous autres maliens et amis du Mali, conscients de notre rôle avons décidé de ne plus laisser la tribune médiatique aux partisans des théories déformatrices et surtout mélangistes.

La tribune de M. Galy dans le monde du 20 juin 2012 (http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/06/20/l-intervention-militaire-au-mali-n-est-pas-une-solution_1721307_3232.html) est dans sa totalité une insulte aux maliens, aux populations du nord mali qui subissent tous les jours un peu plus la rigueur des islamistes et autres terroristes.

Cette tribune inscrit d’emblée son argumentaire dans une logique d’opposition de principe à une intervention armée. En fait à la lecture, elle s’oppose à une intervention armée portée parla France. Manifestement la notion d’intervention armée est connotée en Afrique et doit être entendue comme « intervention armée de l’armée française ». Nous rappelons que personne n’a sollicité une intervention de la France dans cette guerre. En revanche des actions armées sont envisagées et toutes, je dis bien toutes sont construites autour d’un noyau dur que constitue l’armée malienne. Selon la taille de ce noyau, la CEDEAO est prête à s’ajuster (cf réunion des chefs d’Etat majors à Abidjan le 19 juin 2012 http://www.malikounda.com/Actualites/le-chef-detat-major-de-larmee-maliens-le-colonel-major-ibrahim-dahirou-dembele-la-declare-a-abidjan-qsans-une-solution-militaire-il-serait-tres-difficile-de-pacifier-le-nord-mali-q.html …)

Nous passons sur les insinuations habituelles chez certains qui ne peuvent envisager que la Cedeao puisse être autre chose que les supplétifs de la France, d’autant qu’elle est présidée par Alassane Ouattara (facilité d’un raccourci de raisonnement que je ne m’explique pas). Il faudrait un peu plus de temps pour expliquer au chercheur les rapports de force au sein de la CEDEAO et sur sa capacité d’action.

De quoi accuse t on ceux qui réclament une action armée ? D’être à la solde d’une machination qui est « basée sur l’indignation et peu soucieuse des conséquences géopolitiques, diabolisant certains acteurs locaux et présentant l’intervention militaire comme l’unique solution ». Ces propos semblent invraisemblables : en, quoi les acteurs locaux qui occupent le nord du mali ont besoin des médias pour les diaboliser ? Chose que nous ne faisons d’ailleurs pas. Ils sont leur propres ambassadeurs et montrent une image réelle de leur nature : il s’agit de preneurs d’otages, de contrebandiers et surtout ils veulent appliquer la charia à une population qui ne l’a jamais accepté et qui n’a jamais été consultée pour cela. De Tombouctou à Gao, la vie s’est arrêtée : plus de sortie, plus de vie en commun homme / femme, plus de télé, plus de radio (sauf pour écouter les radios autorisées), plus de match de foot….Aujourd’hui, quand il s’agit du plus important : le combat pour la conquête des villes et l’administration de celles-ci, il est impossible de distinguer entre les indépendantistes et les personnes se revendiquant de mouvements salafistes et terroristes.

Ainsi, il n’est pas facile de penser un monde complexe de façon simple. Il n’est pas aisé de juste remplacer la Libye, par la Cote d’Ivoire ou le Mali par la Syrie pour tenir un raisonnement valable. La complexité des pays, la différence naturelle et historique de chaque pays nous empêche de procéder dela sorte. Ensuite, la nature des évènements est également différente. Il n’y a aucune raison intelligible à assimiler ces situations. En Libye il n’ya pas eu d’élection où le peuple s’est prononcé librement. En Libye, l’ONU n’avait pas déjà déployé une mission multiforme (élections, droits de l’homme etc.) qui devait aider et sécuriser l’élection. Le cas ivoirien a été traité comme tel pour une raison simple, il était inscrit dans le mandat de l’ONU sur place d’agir si nécessaire pour assurer la sécurité et la vérité des urnes. Pendant toute une période, c’est ce qu’elle a fait. Elle n’est intervenue ensuite directement dans le conflit que parce que sous ses yeux, les populations étaient de plus en plus nombreuses à être victimes et aussi parce qu’elle était visée directement par des attaques (tirs de mortiers etc)

La question la plus simple qui nécessite, il nous semble, une réponse ferme et claire  est : il y a-t-il une menace terroriste dans la région ? Nous y répondons par l’affirmative. Et nous disons qu’il faut la traiter d’une façon ou d’une autre. Nous ne sommes pas des fous furieux qui voulons faire la guerre partout et si par la discussion, il est possible de trouver un cadre de vivre en commun avec eux, et si les populations l’acceptent, alors nous l’accepterons. En revanche, et nous nous appuyons sur les propos de ces mouvements, s’il s’agit d’imposer un mode de vie par la force et transformer nos vies en ce qu’ils aimeraient alors, nous sommes prêts à encourager une action armée.

Au final, l’argument massue est celui de la guerre néocoloniale, la guerre qui procède au fond de l’envahissement et de la guerre à l’Afrique. Là encore je souhaite que nous parlions de la réalité des situations. La France ne souhaite pas et les états de la CEDEAO ne souhaitent pas une intervention de la France dans ce conflit. Non pas pour des raisons de souveraineté mais pour des raisons de clarté du mandat. Le mandat doit être donné à la CEDEAO et la France, n’en fait pas partie, quel qu’y soit son influence. Les mots ont un sens et particulièrement ceux-ci.

L’avantage de ce genre de tribune est qu’on peut y aligner des arguments non liés entre eux tout en affirmant qu’ils procèdent d’une certaine cohérence. Ainsi, le spécialiste des « guerre nomade » nous mets en garde contre le risque d’une intervention armée qui mettrait en péril la stabilité et la sécurité des Etats voisins. Nous, nous répondons que si rien n’est fait, un confort et une liberté de circulation sera offerte aux occupants du nord du mali pour se déployer à leur guise. Nous disons que dans toutes les circonstances, ces acteurs ont pour objectif de s’attaquer à l’ensemble de la sous région, autant se mettre en situation de mener un combat contre eux pour éviter cette dissémination. Mais M Gally, au nom de je ne sais quoi, dit «  Ne faisons rien sinon ils vont  déstabiliser les pays », curieuse analyse.

Enfin, nous sommes surpris par le caractère absolument léger de l’alternative proposée » : « Quitte à aider à contre attaquer une armée malienne en pleine recomposition, plutôt que des régimes corrompus et des chefs d’État qui ont mis le feu à une partie de l’Afrique. Laissons certaines régulations se faire – ou la guerre au Mali s’étendra au Sahara ». De quelles régulations parle ce monsieur ? J’aimerai bien le savoir et pour son information, tout le monde souhaite aider l’armée malienne. Une réunion des chefs d’Etat majors ouest africains est prévue à Bamako. Il suffit que l’armée malienne accepte cette aide. Personne ne souhaite plus que nous la reconquête du nord du mali par les maliens eux-mêmes. C’est leur rôle et leur honneur qui est en jeu. Nous ne les en priverons pas, rassurez vous.

Nous ne souhaitons pas que des positions aussi peu argumentées, fondées sur une vision simplifiée de l’Afrique et du mali viennent polluer un débat qu’il n’est pas facile de mener. Nous ne souhaitons pas que la Libye, ou la Cote d’ivoire soient des cas dont le solde serait réglé sur le dos du mali. Nous ne souhaitons pas que le sort des bases françaises en Afrique soit une affaire à régler avant toute action pour le mali, car les deux n’ont pas de rapport direct. Nous ne souhaitons pas être alarmistes mais nous constatons que la situation est difficilement tenable d’un point de vue humain. Nous ne souhaitons pas la guerre mais nous l’encouragerons s’ls veulent nous priver de tout et de nous-mêmes.

Cette terre occupée par des personnes incroyablement cruelles et illégitimes nous appartient à tous mais plus que tout elle est la terre où vivent des hommes et des femmes qui ont osé manifester à plusieurs reprises contre le MNLA et ses alliés. Ils l’ont fait alors que des armes étaient pointées sur eux par des gens qui parlent à peine leurs langues. Et nous resterions sans rien faire en parlant de « régulations  naturelles » ? Nous nous y refusons. C’est notre devoir et nous ne nous y déroberons pas.

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Une réflexion sur “Ne pas laisser dire

  1. Permettez un rectificatif… vous avez écrit
    ++
    il s’agit de preneurs d’otages, de contrebandiers et surtout ils veulent appliquer la charia à une population qui ne l’a jamais accepté et qui n’a jamais été consultée pour cela.
    ++
    C’est très offensant ! Depuis l’article du Canard Enchainé , nous savons qu’il ne sont que les employés du patron du PSG, les larbins de l’Emir du Qatar…
    Et … mon cafetier préféré vient de me faire cadeau de la couverture du quotidien français où l’on voyait François Hollande recevant …. ce gentil employeur qui permet aux doux croyants de repartir sur les routes où leurs ancêtres firent un commerce si fleurissant…. que les Kharidjites et la révolte des Zanj stoppèrent… Nul n’est parfait !

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