Adieu Wade
Poster un commentaire27 mars 2012 par wirriyamu2011
Depuis hier, je me suis interrogé sur l’attitude à avoir vis-à-vis du président A. Wade : Le féliciter ? Le remercier ? Je ne sais pas.
Ces dernières années A. Wade a eu maintes fois l’occasion d’accorder un minimum d’attention aux souhaits de son peuple. Il a eu le temps, mille fois, de regarder la souffrance de son peuple et de lui dire qu’il avait compris le message et qu’il tacherait de répondre favorablement. Il a eu le temps d’épargner des inquiétudes à son peuple et, insigne honneur, il a eu le droit, le devoir, d’offrir une élection loyale et pluraliste à son peuple.
Aucune de ces occasions n’a été saisie. Au contraire quand il ne répondait pas par le mépris (« je suis majoritaire » « ce sont des poltrons » « il ne se passera rien ») il répondait par l’agression. Ainsi en a-t-il été de son projet de quart bloquant, projet infâme. Digne d’un coup d’Etat constitutionnel. Il a ensuite poursuivi par son obstination à se présenter contre l’esprit (et la lettre ?) de la constitution. Il s’est acharné de façon incroyable et a poussé ce peuple dans ses retranchements. Ce qui a provoqué des morts, des blessés et des traumatismes.
Au final, en maintenant sa candidature, Wade a peut être troublé le cours de l’histoire au Sénégal. Il a empêché la juste confrontation des idées qu’est une élection digne de ce nom. L’opposition s’est retrouvée à se structurer autour d’un seul projet : faire partir Wade. Ce faisant le Sénégal ne sait pas grand-chose des projets et ne sait pas ce qu’elle aura sauf qu’elle sait que ce ne sera pas avec Wade et c’est déjà ENORME !
Pour tous ces actes qui frisent la trahison de son peuple, Wade ne peut se racheter par un geste de fair play même si celui-ci ne manque pas de panache. Il aura échoué. Il aura tout échoué. Je ne puis le féliciter. Je ne puis lui attribuer un quelconque mérite parce que j’ai encore en souvenir les morts. J’ai en souvenir le bruit de la voiture dragon des policiers qui fonce sur les gens. J’ai en mémoire l’appel à la prière de M. Diop ce vendredi précédent sa mort. J’ai en mémoire cette phrase terrible « je l’ai dit et je me dédis » prononcée comme une insulte définitive et fermant toutes les portes de l’espoir.
Au revoir Monsieur Wade et à jamais.